Les sorcières modernes… et un peu d’histoire

Mis à jour : mai 5


« Sorcières » © La Mouette & Le Choucas - Tous droits réservés


Vous avez été plusieurs à me demander de vous en dire plus sur l’image de la

Sorcière moderne et sur mes rituels que je vous partage par moment en photo…


Je pense que dans un premier temps, pour que vous puissiez comprendre ma démarche, il faut que je vous parle de ce qui a fait naître en moi cet attrait pour l’image de la sorcière et ce besoin de reconnexion aux éléments.

Tout a commencé par des lectures ici et là, au fil des années, sur le sujet des chasses aux sorcières à travers l’Histoire (si cela vous intéresse, je vous partagerai les livres qui m’ont le plus plu). Beaucoup de passages omis de notre Histoire m’ont comme sauté au visage et beaucoup troublé.


Quand on parle de chasse aux sorcières, on pense tout de suite au Moyen-Âge que l’on voit comme une époque sombre. Pourtant c’est bien pendant la Renaissance que des dizaines des dizaines de milliers de femmes ont été exécutés pour acte de sorcellerie…

...On retiendra pourtant majoritairement qu’il s’agit de la période dîtes « des Lumières ».


Ce génocide éclipsé de nombreux livres à été rendu possible en interdisant aux femmes à certaines époques de s’instruire, d’écrire, de pratiquer certains métiers, dans le but de laisser la place aux hommes.

C’est finalement aussi là-dessus que repose notre cher patriarcat moderne.


« Malleus Maleficarum » publié en 1487

Les femmes que l’on brulait - étaient en réalité loin de l’image de la vieille femme au nez crochu, à l’apparence effrayante et à la folie dérangeante.

Elles étaient sages-femmes, faiseuses d’anges (elles pratiquaient des avortements), guérisseuses, herboristes, elles étaient parfois veuves, ou sans enfant (car l'impuissance de l'homme était inconcevable à l'époque), ou jugées trop savantes…


Il arrivait aussi que l’on fasse monter sur le bûcher des fillettes pour le seul motif qu’elles étaient enfant de « sorcière » (lorsqu’une femme était jugée pour sorcellerie, c’était souvent toutes la lignée de femme de la même famille qui était éradiquée).


Le livre Malleus Maleficarum servait alors à l’époque de manuel pour les juges et bourreaux des procès en sorcellerie, il listait les preuves selon lesquelles une femme était une sorcière et indiquait l’ordalie (la torture, la sentence) qu’il fallait lui faire subir.

À l’époque, on imaginait que leur culpabilité pouvait se cacher derrière n’importe quel événement extérieur : Plusieurs épisodes de peste consécutifs ? Des inondations ou des moments de sécheresses ? À nouveau, cela ne pouvait s’expliquer que par la main du diable s’exprimant au travers des femmes… Et les procès et exécutions continuaient.


Tout autant d’horreur qui m’ont fait prendre conscience de l’histoire des femmes, de notre histoire à toutes.

Vous rendez-vous compte que cette puissance et cette influence féminine qui n’a eut de cesse d’être réprimé et balayé de l’Histoire, s’en est sortie malgré tout, et qu’elle s’en sort encore et encore ?


Je me suis alors posé ces questions :

Que reste t-il des cendres de ces femmes ? Que reste t-il de leur mémoire ?



Femme accusée de sorcellerie © Getty / Bildagentur-online / UIG

Depuis la naissance de ma fille en 2017, j’ai eu la chance de voir (ou revoir) entrer dans ma vie plusieurs femmes ayant la même démarche introspective que moi et qui m’ont beaucoup apporté.


Je suis aujourd’hui convaincue d’être pleinement devenu sorcière en enfantant, d’être née femme sauvage en prenant conscience de ma puissance et de mon potentiel créatif infini.


J’ai enfin compris mon besoin intense de me reconnecter à l’énergie féminine, à la Nature et surtout à ma vraie nature, à moi-même. De respecter mon rythme qui m’est propre.


« Tu nais toi quand tu nettoies ce qui n’est toi. »

De nature introvertie j’ai toujours eu besoin de moment seule, de temps de concentration et d’introspection pour me ressourcer, prendre mon souffle, et repartir de plus belle.

Alors quand on m’a parlé de femmes qui organisaient des rituels récurrents, rythmés par les saisons, par la Lune, par la Nature dans son ensemble, cela m’a évidemment tout de suite parlé.


Se dire « Sorcière » dans notre société moderne c’est se sentir intensément reliée au monde animal, végétal, minéral... Malgré l’intense urbanisation qui nous entoure parfois.

C’est prendre le temps de ramener du sacré dans son quotidien.

C’est remplir son chaudron comme on nourrirait son esprit libre.

Se revendiquer sorcière, revient aussi à redonner ses lettres de noblesse à cette appellation qui a bien longtemps été considéré comme une insulte.

C’est affirmé son côté subversif, son côté féminin qui peut être tantôt doux, tantôt dangereux.

C’est aussi considérer sa féminité comme une bénédiction et crier haut et fort que l’on se souvient : Que malgré les efforts déployés au travers des siècles pour faire taire les femmes, les femmes puissantes sont toujours là.


« Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à brûler. »



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Photographie accueil : Andréa Malterre

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